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Vue de Notre-Dame de l'Assomption de Geay Longitude : -0.765127
Latitude : 45.871926
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Notre-Dame de l'Assomption de Geay

Si l’art roman en Saintonge se caractérise par une décoration poussée, Notre-Dame de l’Assomption de Geay, ancienne dépendance de l’abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne, peut passer pour un édifice d’une grande sobriété. Elle compte, cependant, au nombre des joyaux de l’âge roman en Saintonge, en particulier pour son chevet, remarquable par la justesse de ses proportions, sa belle stéréotomie (art de tailler et disposer les pierres) et l’économie de son décor. De plus, elle présente l’avantage de n’avoir subi aucune restauration depuis le début du XIIe siècle, à l’exception du clocher octogonal érigé au XVIe siècle. Son plan est classique pour les églises de l’âge roman en Saintonge : une nef unique avec un transept très saillant doté d’absidioles orientées et un chevet profond formé d’une travée droite et d’une abside à cinq pans.

La façadeLa façade est d’une grande austérité ; elle est rythmée par quatre hauts contreforts et percée d’une portePorte d'entrée, facade occidentale surmontée d’une petite fenêtreFenêtre de la façade occidentale. Ces deux ouvertures en plein-cintre sont habillées d’une arcature aux chapiteaux sculptés. Ceux de la porte présentent, à gaucheChapitaux figurant une tête moustachue, une tête dont les moustaches évoluent en larges palmettes et, à droiteChapiteau aux monstres, deux monstres à tête unique. Ils soutiennent une archivolteDétail des motifs de  l'archivolte représentant une corde au-dessus d’un arc orné de triangles. La corniche qui couronne la façade ne possède pas de modillons sculptés contrairement aux habitudes de la région, elle souligne un fronton triangulaire dont les rampants reçoivent un discret motif de boulesMotif de boules. Les murs de la nef, des bras du transept et des absidioles présentent la même simplicité. épaulés par des contreforts et percés de petites fenêtres sans décor, ils sont couronnés par une corniche à motifs géométriques. La première travée du mur sud est percée d’une porte en plein-cintrePorte sud à voussure mouluréeVoussure de la porte Sud. La façade occidentale et les flancs de l’église donnent l’impression massive des édifices du début de l’âge roman.

En revanche, un sentiment de grande légèreté émane du profond chevet grâce à un jeu d’arcaturesLes trois niveaux d'arcature du chevet se superposant sur trois niveaux : une première série d’amples arcades aveugles laissent place aux arcatures percées de hautes baies en plein-cintre du second niveau, surmontées de petites arcatures aveugles distribuées par groupes de trois. Seule la travée droiteDétail du chevet : la travée aveugle du chevet est dépourvue de fenêtre et présente au niveau intermédiaire un mur plat. L’ensemble est rythmé sur toute la hauteur par des contreforts-colonnesColonne-contrefort dupremier niveau qui présentent un léger retrait à partir du second niveau. C’est la justesse de ces proportions qui donne son élégance au chevet où l’on reconnaît la même disposition qu’aux chapelles rayonnantes de Saint-Eutrope à Saintes. Cette ordonnance s’intègre à une série d’édifices dont font partie les chevets des églises de RiouxDétail du chevet de Rioux et de Rétaudéglise de Retaud, vue du chevet qu’il ne faut pas manquer d’aller voir. Mais, alors que, sur ces derniers, le décor est luxuriant, à Geay il est discret et constitué de motifs décoratifs soignés : les arcs au-dessus des fenêtresArc et archivolte d'une fenêtre du deuxième niveau sont ornés de dents de loups et leurs archivoltes de pointes de diamant ; au dernier niveau, les colonnes qui séparent les arcaturesGroupes de trois arcatures et colonnes ont des chapiteaux simplement annelés. Il n’y a là rien d’original et les musées de la région conservent de nombreux échantillons de ces décors, mais, ici, ils sont traités avec une élégance rare.

Quelques chapiteaux à feuilles d’acanthes rappellent ceux - antiques - qui sont conservés au musée archéologique de Saintes.

Détail d'un chapiteau du chevet de l'église de GeayChapiteau corynthien du musée archéologique de Saintes

Les chapiteaux des colonnes de l’étage supérieur abritent d’étranges monstres.

Détail d'un chapiteau du chevet de l'église de GeayChapiteau aux monstres affrontés du musée d'Angoulême

à l’intérieur, le regard est intrigué par la croisée du transept. En effet, la construction de la coupole sur trompesLa coupole sur trompe a imposé des aménagements spécifiques : pour créer un plan carré, les bras du transept étant moins larges que la nef, l’architecte a élevé des colonnes qui ont rétréci l’espace, suffisamment pour y aménager des passages latérauxLes aménagement des pilliers suportant la coupole. Celui de droite a reçu l’escalier du clocherencombrement de l'escalier masqué par un cloisonement qui, en général, se trouve à l’extérieur de l’église. Le même effet de rétrécissement a été nécessaire en hauteur, car les arcs de la croisée du transept sont plus bas que les voûtes de la nef et du chœur. La base de la coupoleLa coupole sur trompe ainsi obtenue est un mur habillé sur ses quatre faces d’arcatures raffinées.
Dans la nefLa nef, les chapiteaux sont décorés de motifs simplesChapiteau de la nef de l'église de Gioux qui soulignent leur structure. En revanche, ceux du chœur sont plus fouillés, en particulier à la jonction de l’abside et du chœur où ils sont ornés de monstresChapiteau figurant des monstres aiilés, église de Geay, et aux fenêtres où ils reçoivent des motifs de vannerie et de palmettes.

Chapiteau de SaintesFragment de pilastre à décor de vannerie, musée de Saintes

Deux exemples proches issus des collections du musée archéologique de Saintes.

 

L’ensemble de l’édifice est particulièrement soigné : la taille de la pierre, les proportions, les motifs décoratifs simples mais précis et élégants. C’est de l’art roman dans toute sa pureté.