ageroman.org : parcours en Charente-Maritime
Sommaire
 
Vue de l'église Saint-Sulpice de Marignac Longitude : -0.476741
Latitude : 45.522067
Localiser sur la carte Fichier pour GPS
 

église Saint-Sulpice de Marignac

Quand on arrive devant le portail de cette ancienne dépendance de la riche abbaye de Charroux (Vienne), la sobriété du décor peut décevoir au regard de la luxuriance habituelle en Saintonge. Et pourtant, cet édifice construit au cours du premier tiers du XIIe siècle mérite la visite. L’intérêt du monument se concentre, à l’extérieur comme à l’intérieur, sur le chevetVue de l'église et de son chevet tréflé tréflé.

L’extérieur 

La façade présente trois niveaux séparés par deux puissantes cornichesLes deux cornilles à modillons et les cinq arcatures à modillons. Le profond portailPortail de la façade occidentale occupe la largeur de l’édifice. Il est surmonté d’une série de cinq arcatures sous un mur pignon. Ces deux niveaux sont éclairés, chacun, par une petite fenêtre d’axe en plein-cintre. L’édifice qui aurait reçu des voûtes d’ogives au XIVe siècle (aujourd’hui disparues) a été consolidé par des contreforts. Les deux placés au droit de la façade ont reçu l’un, à droite, une arcature dans laquelle viennent se nicher deux statuesDeux statues de personnages en pied dans une niche, côté sud de la façade occidentale et l’autre, à gauche, un daisUn dais, côté nord de la façade occidentale qui devait abriter une sculpture.
Le chevet à plan tréflé est animé par de hautes colonnes engagéesLes colonnes du chevet (détail) reliées dans leur partie haute par des séries de deux arceaux dont le pendant est soutenu par une console sculptée. La richesse du décorDétail de la corniche du chevet règne au niveau de la corniche sur les métopes, les modillons et les chapiteaux des colonnes, constituant une frise régulière. Les sculptures sont typiquement saintongeaises : motifs en pointes de diamant sur la corniche, modillons sculptés d’atlantesModillon figurant un atlante, de sonneurs de trompeModillon figurant un sonneur de trompe, de figures encapuchonnéesModillon à la figure encapuchonnée, de têtes de femmesModillon figurant une tête de femme, de duos d'animauxModillon figurant un duo d'animaux, de taureaux, sans oublier le tonneletModillon figurant un homme portant un tonneau pour recueillir la production du vin qui a fait la richesse de la région au Moyen âge. Les métopes sont ornées de margueritesUn exemple de métope ornée d'une marguerite inspirées de l’Antiquité (deuxième exempleUn deuxième exemple de métope ornée d'une marguerite, troisième exempleUn troisième exemple de métope ornée d'une marguerite), d’entrelacs, de lionsmétope figurant un lion et d’oiseaux superposésMétope figurant deux oiseaux. Remarquez la diversité des chapiteaux à feuilles d’acanthes dont certains hébergent des têtes d’hommeschapiteau à tête d'homme sortant d'entrelacs ou à rinceauxChapiteau à rinceaux dans lesquels se nichent des animaux extraordinairesChapiteau à créatures fantastiques et des acrobatesChapiteau figurant des acrobates.

Chapiteau provenant de Saint-EutropeChapiteau provenant de Saint-Eutrope

Le musée de Saintes conserve des éléments de sculptures provenant de l'église Saint-Eutrope que le (ou les) artiste(s) de Saint-Sulpice de Marignac avai(en)t sans doute contemplés.

L'intérieur

La nef à vaisseau unique a été remaniée : les voûtes romanes ont été remplacées par des voûtes gothiques (disparues) qui reposaient sur les colonnes et chapiteaux de l’âge roman. En revanche, si le chœur et le transeptBras de transept ont conservé leur agencement et leur décoration sculptée d’origine, les peintures datent du XIXe siècle. Le plan en trèfle de cette partie de l’église est une particularité rare en Saintonge qui rappelle peut-être des constructions antérieures à l’âge roman, qu’elles soient préromanes ou inspirées de l’Antiquité (balnéaires). La croisée du transept est couverte par une belle coupoleCoupole, sur trompes en forme de coquillesDétail d'une trompe en forme de coquille, portée par quatre arcs brisésUn des quatre arcs brisés. Ceux placés dans l’axe de la nef et du chœur sont composés de claveaux en coussinetsDétail des claveaux que l’on compare quelquefois à des livres empilés dont on verrait le dos. Quant aux arcsLes arcs doubles du transept qui ouvrent sur les bras du transept, ils sont doubles et reposent sur des colonnes distinctes ; ils sont reliés par des claveaux laissant des vides à intervalles réguliers.
Le chœur et les chapelles formant les bras du transept sont voûtés en cul-de-four et éclairés par une petite fenêtre.
Tout cet ensemble, chœur et transept, est uni par une frise continue qui prolonge, à la base des voûtes, la sculpture des chapiteaux et de leurs tailloirs. Le motif des deux absides latérales est constitué de cannelures verticalesFrise et cannelures verticales, bras de transcept nord au nord et en forme de « S »Frise et cannelures en S, bras de transcept sud au sud. En revanche, sur les chapiteaux et dans le chœur se déploie un foisonnement de rinceaux et d’acanthes entrelacésCorps humain s'inscrivant dans le décor de rinceaux de la frise où sont intégrées des scènes d’une grande vivacité.

Chapiteau aux oiseaux affrontés, le musée d'Angoulême

Exemple de chapiteau aux
oiseaux affrontés conservé
au musée d'Angoulême

On y découvre des oiseaux affrontésOiseaux picorant une tête picorant une tête ; une grande variété de lions, présentés de profil ou à deux corpsLion à deux corps, à tête humaineDes lions fantastiques à tête humaine, avec la queue dessinant la volute d’un rinceauLion de profil dont les queues forment des volutes. Des scènes complètent le décor : chasse à l’arcUne chasse à l'arc, des chiens qui attaquent un cerfDes chiens s'attaquant à un cerf, un homme et une femmeUn couple s'étreignant sous le regard d'une tierce personne s’étreignant sous le regard d’un troisième (le mari ?), un homme, assis dans l’angle d’un chapiteau, attaqué par des oiseauxHomme attaqué par deux oiseaux, bref, un monde où personnages et animaux s’ébattent joyeusement dans un style élégant, décoratif, hérité de Saint-Eutrope ou du portail de l’Abbaye-aux-Dames de Saintes.